[RETOUR SUR] "Les deux déesses" (de Pauline Sales), texte monté dans le cadre de nos cours de théâtre
- Emmanuel Vacarisas
- 8 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dans la section [RETOUR SUR], nous vous présentons les spectacles montés dans le cadre de nos cours de théâtre "Travail d'une pièce". Aujourd'hui, nous revenons sur Les deux déesses, de Pauline Sales, une des pièces travaillées pendant la saison 2024 - 2025.
Bonne lecture !

Pourquoi avoir choisi cette pièce pour notre cours de théâtre ?
À la lecture de ce texte, j'ai été immédiatement touché par l'histoire racontée, à savoir celle de la déesse Déméter, victime de viol de la part de son frère Zeus, qui décide de quitter l'Olympe pour s'installer sur terre loin de la compagnie des dieux avec qui elle veut avoir le moins de rapport possible à l'avenir.
Ce texte est une réécriture très libre du mythe de Déméter et de sa fille Perséphone, qui aborde la violence à laquelle sont souvent confrontées les femmes, ainsi que les difficultés et le prix à payer pour acquérir sa liberté. Toutefois, on ne tombe jamais dans le pathos ou le larmoyant, car les femmes présentées ici savent avancer, malgré les événements parfois dramatiques qui jalonnent leur vie.
Il m'a semblé intéressant de proposer à l'un de mes ateliers de travailler sur ce texte résolument féministe, car c'est un registre que nous abordons peu souvent dans nos cours, et il est important pour moi de faire entendre certaines voix quand nous en avons l'opportunité, même si c'est au sein d'un cours de théâtre dont la portée reste confidentielle.
Les difficultés rencontrées avec ce texte
Ce texte a été écrit et mis en scène à sa création par l'autrice elle-même, qui l'a écrit comme un spectacle musical. Il y a donc à de nombreuses reprises des chansons, que nous avons décidé de ne pas conserver sous leur forme musicale, mais dont nous avons gardé le texte (parfois en faisant quelques coupes), afin que l'histoire ne soit pas trop amputée.
Le défi pour les comédien(ne)s a été de s'approprier des mots écrits pour être chantés, et de se confronter à une écriture possédant un rythme très particulier, voire poétique, même hors des chansons, avec beaucoup de longues tirades écrites à la troisième personne.
D'un point de vue pédagogique, c'était un travail très intéressant car il a été nécessaire de trouver la motivation physique de chaque personnage, afin de ne pas tomber dans un lyrisme artificiel et qui serait vite devenu pénible pour le public. Ce travail a pris un peu de temps, les tâtonnements initiaux ont été parfois déroutants, mais peu à peu la troupe a compris comment rendre vivants et concrets tant les mots que les situations, jusqu'au point où l'écriture n'est plus devenu un obstacle mais la valeur ajoutée de ce spectacle.

La forme choisie pour la mise en scène
L'histoire propose de nombreux personnages (toujours un critère essentiel pour un cours de théâtre accueillant dix participant(e)s), avec de nombreux lieux, un aller-retour fréquent entre la terre et les enfers... autant de problématiques qui forcent à être inventifs pour ne pas être dans l'illustratif - ce qui ne serait pas possible à moins de sacrifier la dynamique et le rythme du spectacle.
Nous avons donc opté rapidement pour une proposition où tous les comédiens et comédiennes sont en permanence sur le plateau, vêtus d'un jean et d'un t-shirt. Cette simplicité visuelle autorisait les passages extrêmement rapides d'un personnage à un autre, et a permis de renforcer la présence d'une troupe actrice et spectatrice du spectacle qu'elle propose, ce qui était très intéressant dans le cas de cette histoire qui se présente comme un grand flash-back.
Ce texte fort et émouvant est édité aux Solitaires Intempestifs. C'est une belle lecture que je recommande fortement.
Et pour découvrir les autres pièces que nous avons montées dans nos cours de théâtre, vous pouvez lire les articles correspondants.
À très bientôt pour un nouvel article !
(toutes les photos sont de Stéphane Parphot)












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